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L’Autorité supérieure de contrôle d’Etat et de lutte contre la corruption (ASCE-LC) a rendu publiques les conclusions de ses investigations sur l’affaire des parcelles de la SONATUR. Sur sept allégations de ventes de parcelles, six sont avérées.

Luc Marius Ibrigra, président de l’ASCE-LC, a révélé lors d’une conférence de presse ce 22 avril 2016 qu’un « régime de faveur a été accordé à certaines autorités » sous la Transition dans l’attribution de parcelles de la SONATUR. Il s’agit de l’ancien Premier ministre Isaac Zida et de certains membres du gouvernement et membres de leur famille.

Concernant l’ex Chef du gouvernement de la Transition, il ressort qu’il a été attributaire d’une parcelle d’une superficie de 7 746 m2 au prix de 8 000 F CFA le m2. Cette parcelle lui a été retirée en 2008 au profit d’une société.

L’épouse d’Isaac Zida, Rihanata Kaboré, a elle été attributaire d’une parcelle de 7 848 m2 au côté nord-ouest du Monument des Martyrs (et non en face de l’ambassade des Etats-Unis) au prix de 8000 F CFA le m2. Enfin, une parcelle de 18 993 m2 a été attribuée à la Fondation Zida pour le Burkindi, présidée par le Premier ministre Zida et la demande a été faite par le directeur exécutif, Fousséni Ouédraogo.

Pour ce qui concerne les membres du gouvernement, l’ASCE-LC note qu’un espace d’une superficie de 50 000 m2 situé en face de l’ambassade des Etats-Unis a été réaménagé en plusieurs lots, dont trois lots de 52 parcelles. Des réaménagements qui « n’ont pas respecté les dispositions du code de l’urbanisme qui prévoit l’obtention d’une autorisation préalable du Conseil des ministres », relève Luc Marius Ibriga.

Sur ces 52 parcelles, des attributions ont été faites au profit de certains membres du gouvernement, des membres de leur famille et « deux autres personnes ».

Quant à savoir si les autorités ont usé de trafic d’influence pour obtenir ces parcelles, il appartient à la justice de le déterminer a indiqué Luc Marius Ibriga.

Plainte contre X

Pour ce qui est, enfin, de Me Guy Hervé Kam, porte-parole du mouvement « Le Balai Citoyen », l’ASCE-LC révèle qu’il a en effet été attributaire, ainsi que sa femme, de parcelles. Mais elles leur « ont été attribuées en 2010 et non pas sous la Transition », précise Luc Marius Ibriga.

Mais de façon générale, les investigations de l’ASCE-LC dénoncent « un manque d’éthique, d’équité, de transparence et d’impartialité » dans la gestion de l’attribution des parcelles de la SONATUR.

L’ASCE-LC recommande par conséquent une suspension des attributions et ventes en vue de leur « audit profond », le retrait de la «quasi-totalité des parcelles » pour non-respect des délais de paiement et l’ouverture d’une enquête sur l’existence éventuelle d’un réseau parallèle de vente de parcelles. A noter à ce propos que la SONATUR a déjà déposé « une plainte contre X ».

Enfin, l’institution dirigée par Luc Marius Ibriga recommande « une profonde restructuration » de la SONATUR, notamment sa direction commerciale.

Synthèse de Abdou ZOURE

Burkina24