COMMEMORATION DE LA JOURNEE AFRICAINE DE LUTTE CONTRE LA CORRUPTION EDITION 2025: MESSAGE DES ORGANISATIONS ET DES STRUCTURES PARTENAIRES DANS LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

- Autorité supérieure de Contrôle d’État et de Lutte contre la Corruption (ASCE-LC)
- Réseau national de Lutte anti-corruption (REN-LAC)
- Centre pour la Gouvernance démocratique (CGD)
- Réseau burkinabè des Jeunes Leaders pour l’Intégrité (RBJLI)
- Leadership jeune pour la paix et le développement en Afrique ;
- Programme des Nations Unies pour le Développement/PNUD
Excellences, Mesdames et Messieurs, chers compatriotes,
A l’instar de la communauté continentale africaine, notre pays célèbre ce jour 11 juillet 2025, la 9ième édition de la Journée africaine de lutte contre la corruption (JALCC). En effet, le 11 juillet, nous célébrons habituellement la Journée africaine de lutte contre la corruption, une gangrène mondiale, un fléau terrifiant aux conséquences catastrophiques pour le développement humain.
Comme nous le savons, cette journée est destinée à nous rappeler que le 11 juillet marque le jour ou l’Union Africaine /UA a adopté à MAPUTO la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, il y a de cela aujourd’hui 23 ans. Et l’idée derrière cette commémoration est que les africains à l’unisson marquent un instant, aussi court soit-il, pour réfléchir sur l’ampleur catastrophique du phénomène pour leur existence, aux progrès réalisés dans la lutte contre ce fléau dans leur espace en termes d’effets, d’impacts et en termes de perspectives.
La corruption n’est pas une abstraction. Elle a un visage connu : entre autres, celui de l’enfant privé d’éducation, du malade abandonne sans soins véritable, du citoyen qui perd confiance en ses institutions, de l’opérateur économique compètent et sérieux qui peine à décrocher des marchés publics ; du jeune compétent et bien éduqué qui rate un emploi qu’il mérite et pour lequel il est la meilleure offre ; des infrastructures publiques mal exécutées, fissurées, présentant de risques d’écroulement, inappropriées ; de détournement de deniers publics si nécessaire au développement dans les opérations de mobilisation de recettes et d’exécution des dépenses publiques ; de ces routes non exécutées ou mal exécutées avec leurs lots d’accidents, de voyages inconfortables ; la liste est très longue à égrener.
- Acteurs et actrices engagés dans la lutte contre la corruption,
- Distingués partenaires,
- Mesdames et messieurs
Il convient de rappeler que la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption a été adoptée à Maputo au Mozambique, le 11 juillet 2003. Ratifiée par le Burkina Faso le 29 novembre 2005, la convention est entrée en vigueur en 2006 et le Conseil Consultatif de l’Union africaine mis en place à l’occasion, est chargé du suivi de sa mise en œuvre.
Les acteurs et les partenaires engagés dans la lutte anti-corruption au Burkina Faso ,saluent et encouragent à sa juste valeur le leadership et les initiatives gouvernementales courageuses dans le domaine de la lutte contre la corruption : le renforcement continu du dispositif de prévention et de lutte contre la corruption pour une plus grande conformité avec les normes et les standards internationaux dans ce domaine, les actions opérationnelles de renforcement de la répression et de la discipline économique, administratives et financières… Sans être exhaustif, l’ensemble des dispositions ci-dessus indiquent l’orientation politique claire et sans ambiguïté du Chef de l’Etat ainsi que du Gouvernement à s’engager dans une lutte implacable contre la corruption et les infractions assimilées.
Nous sommes totalement en phase avec cette dynamique et nous affirmons notre engagement commun à redoubler d’ardeur dans notre combat sans relâche contre la corruption sous toutes ses formes car nous demeurons convaincus que le fléau de la corruption compromet gravement le développement socio-économique de notre pays, met en péril la stabilité et la confiance des citoyens dans ses institutions, et ne reculera pas de façon significative sans une lutte acharnée contre ledit fléau.
Cependant, nonobstant ces nombreuses initiatives en faveur de la prévention et la lutte contre lesdits fléaux, force est de constater que la corruption demeure une préoccupation inquiétante aux conséquences désastreuses dans l’espace africain tout entier. C’est pourquoi nous appelons à un renouvellement sans cesse de notre engagement commun à redoubler d’ardeur dans le combat sans relâche contre la corruption sous toutes ses formes car nous demeurons convaincus que le fléau de la corruption tant qu’il demeurera dans l’ampleur et les conséquences désastreuses qu’on lui connait, continuera sérieusement à entraver les efforts incalculables faits en faveur du développement socio-économique de notre pays.
Les acteurs de la lutte anticorruption se mobilisent pour une cause essentielle, une cause qui conditionne l’avenir de notre continent : la lutte contre la corruption afin de s’en débarrasser de ses conséquences catastrophiques et de ses effets délétères sur le développement véritable de tout un continent.
Le thème continental de cette année « Éradiquer la corruption pour valoriser pleinement le capital de l’Afrique » nous rappelle que la véritable richesse du continent africain réside non seulement dans ses ressources naturelles, mais surtout dans ses peuples, sa jeunesse, son intégrité, et sa capacité à construire des États prospères et équitables. Par contre, la corruption appauvrit nos sociétés, affaiblit les services publics, et freine la transformation structurelle de nos économies.
Car oui, l’Afrique est riche. Riche de ses ressources naturelles, de sa biodiversité, de son histoire. Mais plus encore, elle est riche de son capital humain, de sa jeunesse, de ses talents, de son énergie créatrice.
Ce capital, c’est notre véritable force. Mais il ne pourra s’épanouir pleinement tant que la corruption continue de siphonner nos ressources, de miner notre gouvernance et de freiner notre développement.
L’Afrique doit pouvoir et être capable de tirer profit de ses énormes potentialités, du potentiel de son capital humain, sa jeunesse, ses bras et têtes valides, de ses énormes ressources naturelles ; Acteurs et actrices engagés dans la lutte contre la corruption,
- Distingués partenaires,
Mesdames et messieurs
L’Afrique ne manque pas de richesses, elle manque de gouvernance éthique, intègre, des hommes et des femmes intègres, des gouvernants et des gouvernés dont les comportements et les actions sont empreints d’intégrité, de responsabilité, du sentiment de redevabilité.
Nous devons faire de la transparence, de l’éthique et de la redevabilité les piliers de notre modèle de développement.
Au plan national, malgré les efforts multiformes que les différents acteurs ne cessent de déployer pour venir à bout de cette véritable gangrène qu’elle représente, la corruption est devenue un des défis majeurs de la gouvernance, du développement mais aussi de la lutte contre le terrorisme à laquelle elle sert de terreau fertile. Cette corruption, pernicieuse et envahissante se manifeste dans la quasi-totalité des secteurs de la vie de notre pays ; d’où l’impérieuse nécessité d’une meilleure coordination de nos interventions.
De ce point de vue, le thème national « Combattre la corruption par une synergie d’actions forte entre les Corps de contrôle, les institutions judiciaires et la Société civile » traduit avec justesse cette nécessité d’une approche concertée, inclusive et coordonnée dans notre combat. Aucun acteur ne peut à lui seul faire reculer la corruption. Seule une alliance solide entre les structures de contrôle, les juridictions et les citoyens peut faire émerger une culture de redevabilité, de justice et d’intégrité.
À ce titre, nous nous réjouissons des efforts de tous les partenaires étatiques et non étatiques engagés dans la prévention, la dénonciation, la répression et la sensibilisation. Nous appelons à renforcer les canaux de collaboration entre les institutions de contrôle, les juridictions nationales et les acteurs de la société civile pour :
- Assurer une meilleure détection et un traitement efficace des actes de corruption ;
- Protéger les lanceurs d’alerte et encourager la participation citoyenne ;
- Garantir l’indépendance et l’efficacité des corps de contrôle et des autorités judiciaires ;
- Promouvoir l’éducation à l’intégrité dès le plus jeune âge ;
- et surtout, briser le silence et l’impunité autour des pratiques de corruption.
À l’occasion de cette Journée, nous réaffirmons que le combat contre la corruption ne doit pas être circonstanciel, mais quotidien, structuré, et ancré dans un engagement collectif. L’avenir du Burkina Faso en dépend.
C’est pourquoi, nos organisations réitèrent aujourd’hui leur ferme résolution commune à renforcer les mécanismes de collaboration interinstitutionnelle, dans le respect des rôles et des mandats de chacune d’une part, et à favoriser l’échange d’informations et l’ouverture des canaux de dialogue entre les Corps de contrôle, les juridictions et les organisations citoyennes, d’autre part.
Ensemble, soyons les bâtisseurs d’une société intègre, juste et prospère. Ensemble, engageons-nous pour une Afrique et un Burkina Faso libérés du poids de la corruption.
Vive la synergie d’actions contre la corruption !
Vive la transparence et la redevabilité au service du peuple !
Bonne Journée africaine de lutte contre la corruption !
LA PATRIE OU LA MORT, NOUS VAINCRONS !
